LE SOLDAT ET LA GAMINE
 de Fernando Patriarca
 1999
 

 
SPECTACLES
 Le soldat et la gamine
 Exercices de tolérance
 Cérémonie burlesque
 Une heure avant la mort
 de mon frère
 Ca n'arrive qu'aux autres
 L'habit de jalousie
 L'épreuve du feu
 Le Groenland

 
LECTURES
 Jean Sénac
 Babylone, René Crevel
 Neige
 Le Petit Prince
 Essences, sens,
 résonnances

 Pièces courtes de Keene
NOTRE CREATION :

« Quelque chose.
Pour le commencement de toute chose, il est conseillé de traverser une porte, qu'il convient de choisir obscure. La forêt est derrière et dès que l'on l'aperçoit, quelque chose se met à briller. C'est la première apparition de ce quelque chose qu'on cherche. Alors on avance, le corps se met en marche.

Le corps est tencdu vers le haut. A cela on comprend que le quelque chose est au-dessus de nous, peut-être il nous regarde, par-dessus, il nous observe, peut-être il nous surveille, il nous protège.

On apprend à écouter le silence, à regarder plus près e soi, à sentir naître un sourire sur le bord des lèvres. On apprend à ralentir le pas, à le poser à peine.
Et néanmoins on avance, avec ce pas là.
Pas là.

Le moment arrive où on enlève ses vêtements. On les secoue avant de les poser sur la branche d'un jeune bouleau. On choisit le boulot pour son écorce blanche, pour sa clarté.

Pas là. Transporté ailleurs. On éprouve des postures dans lesquelles on se souvient. Des voix chuchottent et on reconnaît leurs timbres. Elles sont proches et nous caressent le sexe. Cette parole on l'écoute, presque cérémonieusement. On ne peut pas y échapper. Le corps entier l'écoute, et brûle. On se fait plus petit, on se rapproche.

Un vent souffle au-dessus de notre tête. Un vent gris, qui mange la lumière. Le chaud aussi nous quitte. Quelque chose nous fait sentir qu'on est perdu et on se dit qu'on a oublié de remplir les poches de petits cailloux blancs. Alors on avance comme un pélerin.

Le sol est humide. Cela résonne encore des grognements de bêtes sauvages, de leur course, de leur cavale nocturne. On sait trés précisément qu'on ne pourra pas les rattraper. Alors on va doucement et les mains dans les poches.

Une fois on s'arrête et on croit entendre un train qui traverse tranquillement une plaine. Un train de nuit, qui transporte des passagers endormis. Un seul parmi eux a les yeux ouverts et il est assis dans la voiture de queue du train, tourné en sens inverse par rapport à la marche du train. Ses yeux sont ouverts mais ne regardent pas à travers la vitre. Ils lisent et dans la pupille, quelque choose brille, aussi fragile qu'une allumette enflammée car on sait qu'elle ne brûlera pas longtemps.

Quelque chose s'est glissé dans nos yeux. On se décide à battre les paupières. On l'emprisonne. On le garde. Et cela envahit le visage, d'abord.

Puis le corps tout entier.

C'est entre les cuisses que cela se passe. Puis ça enveloppe les fesses, ça se pose sur les reins. Le ventre se gonfle un peu, se prépare. C'est comme une décharge électrique qui secoue le sexe, le fait danser. Puis cela remonte, ça écrase la poitrine, ça empêche de respirer.»

Fernando Patriarca.
 galerie photo
 presse : "petales de roses au vent" 30/06/1999
                     "l'affrontement et le lien" 12/09/1999
                     "dans les sables de la mémoire" 16/10/1999
                     "à l'église d'Alspach" 05/11/1999
 DIRECTION ARTISTIQUE :
 FERNANDO PATRIARCA

 ECRITURE ET MISE EN SCENE :
 FERNANDO PATRIARCA

 COSTUMES ET SCENOGRAPHIE :
 EMMANUELLE ZENFONATO

 LUMIERES :
 DAVID HAEGY

 JEU :

 la vieille femme : BRIGITTE GONZALES
 le jeune homme : GUILLAUME THIRIET
 la gamine : SOPHIE THOMANN
 le soldat : CHRISTIAN EYPPER
 le choeur : SANDRA SPIRY

 CREATION :
 ORBEY, PLACE DE L'EGLISE ST URBAIN, 10 SEPTEMBRE 1999

 REPRESENTATIONS :
 COLMAR, CENTRE SOCIO-CULTUREL EUROPE, 14, 15 ET 16  OCTOBRE 1999
 KAYSESBERG, ABBAYE D'ALSPACH, 5 ET 6 NOVEMBRE 1999